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La nuit dans le hangar.
Un joli poème de Jean-Luc Pellerin sur la vie dans nos hangars après les vols, une lecture pleine de malice faite lors du repas de l'AG du 13 décembre 2009 ...
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Les portes se ferment
Chut..... Ils sont partis
Moi, je vole souvent avec lui,
Toujours en place arrière, jamais seul,
Il lui faut toujours quelqu'un pour admettre ses théorèmes,
L'autre jour il m'a cassé la tête avec ses trois alpha,
Je l'ai écouté mais j'ai fait comme d'habitude.
Moi, je suis allé me promener avec le jardinier,
On a fait la visite des parcs et jardins,
J'ai cru à un moment qu'on allait atterrir,
dans le garden-center de Coulommiers,
Entre nous, c'est le grand amour,
Maintenant, il m'appelle Duo-ficus.
On ne peut même plus être tranquille la nuit,
L'autre jour, il y a un qui a fait la cuisine dans le hangar,
Des saucisses lentilles en plu,
Ca m'a rappelé l'internat,
Ca a senti le cochon toute la nuit,
Faut pas exagérer,
On dort là quand même !
Ah non, pas lui,
J'aime pas voler avec lui.
En fin d'après midi,
Il ne dit plus rien mais,
il y a toujours des bruits de mâchoires,
Le soir il y a des miettes partou,t
J'aimerai bien être propre pour la nuit.
Oui, aujourd'hui, comme d'habitude,
Quatre rotations avec des élèves,
On ne va jamais très loin,
On n'arrête pas de faire des ronds,
Un vrai têtard celui la,
J'aimerai bien sortir de la mare.
Il y a un autre qui ne va pas très loin,
Il s'éloigne jamais,
Il regarde toujours au sol,
Pas besoin de GPS avec lui
Il te donne le nom de toutes les fermes que l'on survole,
Il te donne le prix hectare avec le pas de porte, le cheptel mort,
C'est comme ça pendant tout le vol,
Il a tendance à nous prendre pour son bureau.
Moi , j'aime pas le soir,
Quand ils nous font la toilette,
Quand ils nous mettent le pyjama,
Après il y a un qui nous prend par la queue,
Moi , j'aime pas le soir,
En plus, ils nous mettent un truc sur le nez,
Ils doivent avoir peur qu'on attrape le machin,
Parait qu'il y a un qui l'a attrapée,
Oui, la grappa.
Oh ! que je vous dise,
Il y a des imprudents.
L'autre jour, on fait le dernier virage,
Qu'est ce que je vois,
Il y en avait un qui traversait la piste
Il marchait tranquillement sans regarder.
J'ai pris un peu de vitesse pour s'amuser,
Tout le monde lui criait dessus,
La, il s'est mis a courir...
Et bien , c'est la première fois que,
je voyais un prof de gym courir aussi vite.
Ah oui, je vois de qui tu parles,
Il est mignon, je l'aime bien,
J'adore le promener,
Il n'est pas compliqué,
Il se pose toujours les mêmes questions,
Il n'a toujours pas les réponses,
Oui, cela fait sa cinquième saison d'instruction,
Il doit préparer un doctorat de planeur.
Peut-être qu'il a peur de quitter l'école.
Et l'autre,
Tu as raison, celui la , il est limite,
Heureusement que je fais tout à l'atterrissage,
Il veut essayer de poser un planeur,
alors que l'autre jour il a eu des difficultés à poser un verre sur le bar,
Moi avec lui, j'ai peur.
Avec lui, je me méfie,
S'il n'est rien arrivé, c'est qu'il va bientôt arriver quelque chose,
L'autre jour, je ne sais pas oû il a mis les mains,
Plus de compensateur pour finir le vol,
Un autre fois, je me souviens, à la montagne,
On s'est retrouvé nez a nez avec un copain,
Si on l'appelle le père cata, c'est pas parce,
qu'il fait du catamaran en Bretagne.
Pas carrément méchant,
Mais jamais content celui la,
Même quand il est tout seul, il n'arrête pas de grogner,
Aujourd'hui, il n'a pas arrêté de me tripoter les vis,
Il n'a pas arrêté de pester,
Il parait
Qu'ils n'y connaissent rien,
Qu'ils ne font rien l'hiver,
Qu'il y a personne valable pour nous entretenir,
J'en ai marre des râleurs.
Je vois de qui tu parles,
Moi, en plein vol,
Il y a sorti ses photos,
Des photos en noir et blanc,
De ses début de vélivole.
Celui la , il sait tout avant le vol,
Avec des graphiques en couleur,
Il nous annonce tout:
l'heure des pompes, leur force,
Comme si on ne le voyait pas en vol,
Ca sert a rien , mais il nous donne la météo du Danemark,
Mais pour aller à Rebais tu dois te débrouiller.
J'aime bien l'heure du repas,
C'est vrai , au moins on est tranquille pendant un moment.
C'est tous les jours pareil,
Et ils s'installent tous autour de la table,
Ils s'ouvrent leur petite boite,
On dirait des chats qui mangent leur ronron
Et toi, la golfette, tu as fait quoi aujourd'hui,
Je ne suis pas sortie,
J'avais rien à me mettre!
Et vous, vous pensez à quoi dans la journée,
On pense à nous.
Chut... ils sont arrivés.
Jean-Luc Pellerin
Dimanche 13 décembre 2009.
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